Alors que le monde a le cœur à la fête…

Alors que le monde a le cœur à la fête…

Si cette année je me suis laissé prendre au jeu des préparatifs de noël c’est grâce à la présence de petites demoiselles qui m’ont données un sacré coup de pouce, sans qu’elles en aient conscience.

Décoration de la maison, calendrier de l’avent personnalisé, bricolage et biscuits de noël, c’était le grand jeu, pour le plus grand plaisir de Lana.

Mais plus les dates des réunions de familles se sont approchées, plus mon mal être grandissait.

Cela reste un noël sans elle.

Ses yeux ne se sont pas émerveillés devant toute cette magie.

Son rire n’a pas raisonné à travers la maison avec les autres enfants présents en découvrant leurs cadeaux, elle qui était toujours contente de tout.

Ses bras ne se sont pas enroulés autour de mon cou, de peur, lorsque le père noël est arrivé.

Prendre sur soi, avancer, faire bonne figure et finalement se laisser entraîner par le mouvement, la présence des proches.

Je maîtrise mes émotions. Les heures passent, puis les jours. C’était moins terrible que ce à quoi je m’étais préparé.

Pensant être prête, et désirant faire différemment cette année avec le nouvel an, nous avons opté pour un repas au sein du village dans la salle communale, au milieu de plus de deux cents personnes.

La soirée était conviviale, le repas très bon.

Dans la salle, il y avait juste derrière moi trois adorables petites puces, copines de classe de Zoé…

Qu’elles sont belles, qu’elles ont grandi.

Mais que ça fait mal de les voir.

J’imagine ma fille avec elles, courir faisant les allers retours dans cette salle.

Ça aurait dû être ainsi, mais ça ne l’est pas.

C’est injuste.

C’est révoltant.

Je maîtrise bien moins mes émotions que ce que j’imaginais.  Je profite des proches présents, les  heures passent malgré le fait que je regarde sans cesse l’heure.

Puis je me suis retrouvée à échanger des banalités avec des personnes qui me connaissent. Nous n’avons pas grand-chose à partager mais je les ai écoutées se plaindre de tout. Absolument rien de positif ne ressort dans leurs propos. Je suis révoltée qu’elles osent s’exprimer ainsi, à moi en plus, alors qu’elles ont tout absolument tout dans leur vie pour voir la vie de façon positive et belle.

Outrée du sans gêne j’ai finalement réussi à m’échapper et à retourner à ma place.

Je n’ai pas le cœur à fêter, mais Lana est si contente d’être là.

Je force un sourire.

Je passe la soirée à contrôler cette fameuse boule qui est présente dans ma gorge. A contrôler mes larmes qui perlent au bord de mes yeux, maîtriser ma voix afin qu’elle ne tremble pas.

Et voilà minuit arrive, le monde se prépare.

Comme s’il allait se passer quelque chose de merveilleux, ou d’extraordinaire.

Le compte à rebours est lancé

Je ne maîtrise presque plus rien, mais je redouble d’efforts. Ça y est, nous sommes en 2016, les gens s’enlacent s’embrassent se souhaitent la bonne année, ils  semblent tous si heureux.

Ça en est trop. Je ne maîtrise plus rien, je dois sortir.

J’ai appris à pleurer en silence.

J’ai même trouvé le moyen de pleurer sans que mon mascara coule ! En plus c’est vrai….

Je prends quelques grandes inspirations pour me calmer et je reprends mes esprits.

J’ai pleuré juste ce qu’il faut pour que mes yeux ne soient pas trop bouffis, ça j’ai aussi appris.

Je retourne dans la salle.

Personne ne semble avoir vu que j’avais disparu, ou alors les proches restent discrets, c’est parfait ainsi. J’évite un maximum de personne,.

Je ne veux pas qu’on me souhaite la bonne année.

2015 se termine oui, mais pour moi,

C’est une année où lorsque j’ai prononcé son nom, je n’ai pas eu de réponse.

C’est une année où son rire n’a raisonné qu’à travers des vidéos sur des écrans d’ordinateurs.

C’est une année où son visage, est resté figé sur des photos.

C’est une année où son odeur que je reconnaissais entre mile s’est effacée.

C’est une année où la chaleur de sa présence à mes côtés et la douceur de sa peau ne sont plus qu’un vague souvenir que je tente de conserver.

C’est une année où l’album photos n’accueillera pas de nouvelles photos d’elle.

Je sais que 2016 sera pareil

Je essayé, mais non, je le reconnais, je n’ai pas eu le cœur à fêter.

Je n’ai pas le cœur à souhaiter la bonne année et ne désire pas que l’on me la souhaite.

C’est comme ça.

Alors que pour la majorité du monde, c’est une période de fête, je n’oublie pas ceux pour qui ce n’était pas le cas et pour qui cela a été une véritable torture.

Alors que le monde a le cœur à la fête lors de ces fêtes de fin d’année moi je l’ai eu à pleurer….

Mais je trouve le moyen d’avancer.

Un pas après l’autre.

A ma façon.

A mon rythme.

Comme toujours, j’avance.

Natalie Guignard-Nardin – 4 janvier 2016

boule cassée

14 réponses à “Alors que le monde a le cœur à la fête…

  1. Je viens de lire votre message.
    Si vous étiez à mes côtés je vous serrerais très fort dans mes bras.
    Cordialement, Caroline

  2. Chère Amie Nathalie, mes pensées se sont aussi envolées vers Zoé à Nöel et mes larmes de maman ont coulé en pensant à toi, je te serre tout fort près de mon cœur.

  3. Zoé est avec vous, il suffit de trouver le moyen de communiquer avec elle… Elle vous envois des signes sachez les reconnaître, c’est ça façon à elle de vous manifester son amour … Ne soyez pas dans la peine, mais envoyez lui votre amour, elle en a besoin pour continuer son ascension spirituel 👼

  4. Il va y en avoir encore tellement de moment comme cela mais tu va devoir encore y faire fasse, oui c’est injuste cruel. Dis toi seulement que Zoé, n’aurait pas aimé te voir pleuré tu te souviens elle l’avait dit…..
    Pas facile je me doute……………Courage courage. Bises amicales

  5. Je pleurs avec toi en lisant ton texte si vrai… quand on souffre d’une absence et de voir toute l’agitation à ses côté on a l’impression d’être dans un autre monde. Je te dis pas courage parce que ce n’est pas le bon mot soit patiente….Tendre pensée

  6. C’est avec grande émotion que le lis vos lignes, mais surtout avec respect et une certaine compréhension. Je dis certaine compréhension, car je ne peux pas me donner le droit de comprendre, Dieu merci, mes enfants sont bien vivants et je le remercie chaque jour, mais cette compréhension de ne pas vouloir fêter, de ne pas pouvoir se réjouir, alors que c’est la tristesse, que c’est un manque qui est là, malgré la présence des autres, comme Lana… Vous êtes forte, c’est certain, je vous ai lue et vue toujours avec cette force, mais j’ai aimé lire ces lignes qui sont vraies et pleines de sensibilité, de justesse, d’émotions et surtout…vous avez le droit de lâcher, d’être fâchée.. en effet, elle devrait être juste là, votre grande Zoé. Plein de force à vous, sincèrement,
    Nathalie

  7. Beaucoup de courage à vous et je suis certaine que Zoé veille sur vous depuis les étoiles .
    Cordialement
    Alessia

  8. Les mots, face à cette souffrance et ce vide, sont eux aussi vides. J’ai une fille, grande maintenant, et j’ai aussi failli la perdre. Je vous admire, car si j’avais du vivre sans elle, je n’aurais pas eu la force de continuer. Alors soyez dans mes pensées. Nicole

  9. Magnifique nath.comme je vous comprend très bien. Moi j ai perdu mon mari subitement il y a 9 ans. Il était encore bien jeune. … Je vis cela, cette tristesse, ce manque, ce rire sa voix son odeur… Son amour pour ses enfants et pour moi!!! Mais un enfant c est encore plus douloureux !
    Je compatie et vous embrasse.
    La vie continue et nous devons penser à ceux qui sont avec nous….

  10. Madame,

    C’est avec une immense émotion que je vous ai lu. Il est bien vrai que l’être humain est maladroit, il est là à se plaindre de tracas alors que pleins d’autres personnes sont là avec leur immense souffrance. Comme si, nous étions sensés être passé à autre chose sous prétexte que le temps à passer. Quel temps? Il n’a pas passé! Il s’est juste arrêté! Et on reste là figé dans notre détresse.
    Je n’ai pas d’enfants alors je n’ose pas imaginer quelle terrible épreuve vous devez surmonter. Il est vrai que pour votre autre enfant, vous avez dû apprendre à pleurer en cachette, car elle est là et vous vous le devez mais vous avez le droit de vous effondrer. C’est normal.
    Le 7 septembre 2015, sous l’inquiétude de ma grand maman, je suis allée chez ma maman car elle ne répondait pas au téléphone depuis la veille. Il a fallu que cela soit moi qui retrouve son corps sans vie dans sa salle de bain. Résultat de l’autopsie, infarctus massif à l’aube de ses 61 ans. Des hurlements, des cris s’en suivent. Le temps s’est arrêté ce jour là pour moi. Pour échapper aux fêtes, avec mon époux, nous sommes allés en Thaïlande. mais même là bas, ma souffrance m’a suivi.
    Les gens ne comprennent pas qu’il est impossible pour certaine personne de s’en remettre. Passer à autre chose, quelle phrase horrible à entendre.
    Pour la fin d’année, j’ai dit aux gens qu’ils devaient penser à ceux qui souffrent et de ne pas leur souhaiter de bonnes fêtes ni de belle année. juste dire en pensée avec toi. Certains ont joué le jeu d’autres sont trop égoïste pour comprendre.
    Alors moi je vous dit je suis en pensée avec vous.
    Affectueusement
    Laetitia

  11. Quel beau texte 😢😢 émouvant et tellement juste. Je ressent exactement la même chose que vous pendant ces fêtes. Certes moi ce n’est pas un enfant que j’ai perdu mais mes parents. Tous les 2 au mois de décembre.
    Vous êtes tellement forte et vos textes sont touchants. Je suis votre histoire depuis le début et je vous tire mon chapeau. Continuez d’avancer malgré tout , c’est câble secret je crois.
    Bien à vous.

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