J’ai choisi la vie.

Aujourd’hui, cela fait 13 ans que Zoé nous a quittés.
13 ans.
Et mercredi, elle aurait eu 18 ans.
18 ans… Un cap. Une grande fête que nous aurions certainement organisée. J’imagine les rires, les amis, la musique. Mais cette fête, nous ne la vivrons jamais comme nous l’avions imaginée.Quand on devient parent, on ne peut pas concevoir que la vie puisse continuer sans son enfant. On refuse même d’y penser. Parce que c’est trop effrayant. Parce que ce n’est pas dans l’ordre des choses.
Et pourtant.
Pendant presque cinq ans, nous avons vécu avec cette possibilité. La mort était là, quelque part, à nous défier. Nous nous sommes battus aux côtés de Zoé, de toutes nos forces. Et elle, elle s’est battue avec un courage incroyable.
Mais le 26 octobre 2013, c’est la mort qui a gagné.
Je n’oublierai jamais ces dernières heures. Son dernier regard. Son dernier souffle.Et puis il a fallu continuer. Continuer à avancer pour ne pas tomber.
Non pas apprendre à vivre sans Zoé. Parce qu’elle est toujours là, dans nos cœurs, dans nos souvenirs, dans notre famille.
Il a fallu apprendre à vivre avec son absence.
Cette absence, je la vois un peu comme une amie qui ne m’a jamais quittée. Au début, elle prenait toute la place. Elle était envahissante, parfois insupportable. Puis, avec les années, j’ai appris à la côtoyer. Aujourd’hui, elle se fait parfois discrète, mais elle voyage toujours à mes côtés.
Elle est là dans les grandes occasions, dans les petits bonheurs du quotidien, dans les moments où je me surprends à imaginer ce que serait notre vie si Zoé était encore parmi nous.
Je me demande rarement quelle jeune femme elle serait devenue. Pour moi, elle restera toujours cette petite fille de 4 ans, solaire, avec ses yeux malicieux, son sourire immense et son rire si contagieux. Cette petite fille qui aimait se déguiser, faire la folle avec sa grande sœur et rire jusqu’à ne plus pouvoir s’arrêter.
Cette petite fille qui ne rêvait que d’une chose : grandir.
Zoé voulait devenir infirmière. Sa grande sœur Lana partageait aussi ce rêve et aujourd’hui, c’est elle qui poursuit une formation en soins infirmiers. J’aime penser que Zoé la guide et qu’elle est fière de la jeune femme qu’elle est devenue.
Je sais aussi combien il a été difficile pour Lana de grandir sans sa petite sœur. Et c’est peut-être l’une des choses qui me brisent le plus le cœur. Aucun parent ne souhaite voir son enfant traverser une telle douleur, encore moins si jeune.
Aujourd’hui, Lana est une jeune femme forte, indépendante, profondément empathique. Elle a une belle vie et tant de choses à vivre encore. Et j’en suis tellement fière.
La résilience, ce n’est pas oublier. Ce n’est pas ne plus souffrir. C’est apprendre à faire une place à la douleur sans lui laisser prendre toute la place dans notre vie.
J’aurais pu me laisser engloutir par le chagrin.
Mais j’ai choisi de vivre.
De rire encore. De profiter des belles choses. De construire des projets. D’être heurese parce que le bonheur et l’absence peuvent coexister, et que Zoé aura toujours sa place dans mon cœur.
Parce que je suis convaincue que c’est ce que Zoé aurait voulu.
Et puis il y a Zoé4life.
Parfois, je me dis que si Zoé était encore là, je n’aurais certainement pas consacré autant d’heures, autant d’énergie, autant d’années à cette association qui porte son prénom.
Mais Zoé m’a laissé quelque chose d’extraordinaire.
Un héritage. Une mission que j’ai choisi de poursuivre en son nom, pour les autres enfants.
Cela fait 13 ans que je porte cet engagement. Et je ne vais pas vous mentir : ce n’est pas toujours facile.
Il m’est arrivé plusieurs fois de vouloir tout arrêter.
Non pas parce que la mission me pèse, mais parce que faire vivre une association comme Zoé4life représente un travail colossal.
Avec notre toute petite équipe, nous devons sans cesse chercher des fonds, convaincre des partenaires, organiser des événements, imaginer de nouvelles actions, nous rendre visibles et trouver les ressources nécessaires pour poursuivre et développer nos missions.
Parce que derrière chaque franc que nous cherchons, il y a des enfants qui se battent, des familles qui ont besoin de soutien, des jeunes qui doivent apprendre à vivre avec les conséquences de leur cancer et des projets de recherche qui pourraient changer des vies.
Nous y consacrons une énergie immense, bien au-delà de nos heures de travail. Et parfois, malgré toute notre détermination, la fatigue et le découragement se font sentir.
Alors, dans ces moments-là, je repense à Zoé. À son rire. À sa joie de vivre. À son incroyable envie de grandir.
Et je retrouve la force de continuer.
Quand nous organisons RunDay4life, quand nous sollicitons des entreprises, quand nous vous invitons à participer à nos actions, ce n’est pas simplement pour organiser un événement ou récolter de l’argent.
C’est parce que derrière Zoé4life, il y a des histoires comme la nôtre. Des enfants qui ne grandiront jamais. Des frères et sœurs qui doivent apprendre à vivre avec un vide immense. Des parents qui auraient tout donné pour que leur histoire se termine autrement.
Et il y a aussi tous ces enfants qui sont encore là, qui se battent aujourd’hui et pour lesquels nous pouvons faire une différence.
Mercredi, Zoé aurait eu 18 ans.
Un anniversaire que j’aurais tant aimé célébrer avec elle. Je n’ai pas vraiment le cœur à la fête. J’ai même davantage envie de pleurer que de rire.
Mais je veux me souvenir de son sourire, de ses éclats de rire et de cette joie de vivre qui la caractérisait tant.
Parce que la plus belle façon de lui rendre hommage, c’est de continuer à vivre.
Il y a une anecdote qui résume à elle seule ce que Zoé nous a laissé.
Un jour, alors qu’on lui demandait comment elle s’appelait, elle avait répondu tout naturellement :
« Ben Zoé ! Zoé4life ! »
Pour elle, c’était son prénom et son nom de famille. Zoé4life, qui se prononce « Zoé for life », autrement dit « Zoé pour la vie ».
Elle ne pouvait pas savoir à quel point ces quelques mots allaient prendre tout leur sens.
Aujourd’hui, 13 ans après son départ, Zoé continue de vivre à travers chaque enfant que nous aidons, chaque famille que nous soutenons, chaque projet que nous rendons possible.
Alors, si vous souhaitez rendre hommage à Zoé pour ses 18 ans, j’aimerais vous proposer quelque chose.
Ne faites pas seulement un don en mémoire de Zoé. Faites un don pour tous les enfants qui, comme elle, ne demandent qu’à grandir.
Pour leur donner davantage de chances, pour soutenir leurs familles, pour améliorer leur quotidien et pour que d’autres parents puissent voir leur enfant souffler ses 18 bougies.
C’est le plus beau cadeau que vous puissiez lui faire.
Et c’est ce qui me donne, chaque jour, la force de continuer.
Zoé4life. Zoé pour la vie.
Natalie, maman de Zoé & Lana